• J'ai voulu des jardins pleins de roses fleuries
    J'ai rêvé de l'Eden aux vivantes féeries,
    Des lacs bleus, d'horizons aux tons de pierreries;
    Mais je ne veux plus rien; il suffit que tu ries.

    Car roses et muguets, tes lèvres et tes dents
    Plus que l'Eden, sont buts de désirs imprudents
    Et tes yeux sont des lacs de saphirs, et dedans
    S'ouvrent des horizons sans fin, des cieux ardents.

    Corps musqués sous la gaze où l'or lamé s'étale,
    Nefs, haschisch.. j'ai rêvé de l'ivresse orientale,
    Et mon rêve s'incarne en ta beauté fatale.

    Car, plus encor qu'en mes plus fantastiques voeux,
    J'ai trouvé de parfum dans l'or de tes cheveux,
    D'ivresse à m'entourer de tes beaux bras nerveux.


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  • Elle s'est endormie, un soir, croisant ses bras,
    Ses bras souples et blancs sur sa poitrine frêle,
    Et fermant pour toujours ses yeux clairs, déjà las
    De regarder ce monde, exil trop lourd pour Elle.

    Elle vivait de fleurs, de rêves, d'idéal,
    Âme, incarnation de la Ville éternelle.
    Lentement étouffée, et d'un semblable mal,
    La splendeur de Paris s'est éteinte avec Elle.

    Et pendant que son corps attend pâle et glacé
    La résurrection de sa beauté charnelle,
    Dans ce mondeoù, royale et douce, Elle a passé
    Nous ne pouvons rester qu'en nous souvenant d'Elle.


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  • Sentir sur ma lèvre appauvrie
    Ton dernier baiser se gercer,
    La mort dans tes bras me bercer...
    Me déshabiller de la vie!...

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  • Mon coeur était jadis comme un palais romain,
    Tout construit de granits choisis, de marbres rares.
    Bientôt les passions, comme un flot de barbares,
    L'envahirent, la hache ou torche à la main.

    Ce fut une ruine alors. Nul bruit humain.
    Vipères et hiboux. Terrains de fleurs avares
    Partout gisaient, brisés, porphyres et carrares;
    Et les ronces avaient effacé le chemin.

    Je suis resté longtemps seul, devant mon désastre.
    Des midis sans soleil, des minuits sans un astre,
    Passèrent, et j'ai, là, vécu d'horribles jours;

    Mais tu parus enfin, blanche dans la lumière,
    Et, bravement, afin de loger nos amours,
    Des débris du palais j'ai bâti ma chaumière.


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  • Ma seule amour, ma joie et ma Maîtresse,
    Puisqu'il me faut loin de vous demeurer,
    Je n'ai plus rien, à me réconforter,
    Q'un souvenir pour retenir liesse.

    En allégeant pas Espoir ma détresse,
    Me conviendra le temps ainsi passé,
    Ma seulen amour, ma joie et ma Maîtresse
    Puisqu'il me faut loin de vous demeurer.

    Car mon coeur las, bien garni de tristesse,
    S'en est voulu avec vous aller,
    Et ne pourrai jamais le recouvrer
    Jusque verrai votre belle jeunesse,
    Ma seule amour, ma joie et ma Maîtresse.


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