• Épitaphe (Antoine de Baïf)

    Pauvres corps où logeaient ces esprits turbulents,
    Naguère la terreur des Princes de la terre,
    Même contre le ciel osant faire la guerre,
    Déloyaux, obstinés, pervers et violents,

    Aujourd'hui le repas des animaux volants
    Et rampants charogniers, et de ces vers qu'enserre
    La puante voirie, et du peuple qui erre
    Sous les fleuves profonds en la mer se coulant:

    Pauvres corps, reposez, qui vos malheureux os,
    Nerfs et veines et chairs, sont dignes de repos,
    Qui ne purent souffrir le repos en la France.

    Esprits aux carrefours toutes les nuits criez:
    Ô mortels avertis et voyez et croyez
    Que le forfait retarde et ne fuit la vengeance.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :