• Mon silence (Peuchy)

    Votre silence s'impose et affaiblit mon âme
    De mon regard d'enfant ne jaillissent plus de flammes
    C'est le fracas des vagues qui me parle le plus
    Que ce bout de falaise, il ne me reste plus.
    Malgré moi je vous aime, et vous admire tant
    D'une preuve d'amour, vous en coûte-t'il tant ?
    Et je parle en silence, me surprends à chanter
    Fais vibrer de mes larmes ces mots inespérés
    L'horizon est lointain, ma vie entre vos mains
    Et de vous supplier, je clame mon chagrin.
    Mes dessins s'assombrissent mais ne vous parlent pas
    Mes poèmes sont tristes, ils sont tout comme moi
    L'ivresse des nuages est ma seule gaieté
    Elle fige mon sourire quand je suis allongé
    En haut de la falaise, et les bras repliés
    Telle une mise en terre, sans caveau ni curé.
    Qu'ai-je donc à souffrir, je ne manque de rien
    De l'amour qu'on me donne, on me le donne en biens
    Une simple caresse, deux mots dit de tout près
    M'aideraient tout de même à me sentir aimé.
    Mais le mensonge est là, il crucifie mon être
    Telle une religion qui m'oblige à paraître
    Et qui sournoisement se déguise en comptine
    Mais qui embrase en moi ces souffrances enfantines.
    Alors, plutôt que de céder à l'attrait de la mort
    Je me tais à jamais et ne mens plus à tort
    Je vous laisse corrompre la joie et l'innocence
    Je me terre à regret au fond de mon silence.

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