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    Vaine, vanité des vanités... Vaine.
    Toute chose sur terre est éphémère.
    Mille quatre cents vaisseaux
    Et douze mille juments
    Portent d'un temps à un autre
    Mon nom enluminé d'or...
    J'ai vécu comme nul poète n'a vécu,
    Sage et roi...
    J'ai vieilli, je suis las des honneurs.
    Rien ne me manque.
    Est-ce pourquoi
    Mon souci grandit
    Chaque fois que croît ma sagesse ?
    Et qu'est Jérusalem, qu'est le trône ?
    Rien ne demeure pareil.
    Et il est un temps pour naître.
    Un temps pour mourir.
    Un temps pour le silence.
    Un temps pour la parole.
    Un temps pour la guerre.
    Un temps pour la paix.
    Et un temps pour le temps.
    Rien ne demeure pareil.
    Tout fleuve sera bu par la mer,
    Et la mer n'est pas pleine.
    Rien ne demeure pareil.
    Tout vivant marche vers la mort,
    Et la mort n'est pas pleine.
    Seul restera mon nom enluminé d'or
    "Salomon était..."
    Que feront alors les morts de leurs noms ?
    Qui de l'or
    Ou du Chant des chants
    Et de l'Ecclésiaste
    Illuminera ma vaste obscurité ?
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    Un jour je serai ce que je veux.

    Un jour je serai poète
    Et l'eau se soumettra à ma clairvoyance.
    Métaphore de la métaphore que ma langue
    Car je ne dis ni n'indique
    Un lieu. Et le lieu est mon péché et mon alibi.
    Je suis de là-bas.
    Mon ici bondit de mes pas vers mon imagination...
    Je suis qui je fus, qui je serai
    Et l'espace infini me façonne, puis me tue.
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  • Tu auras de la craie pour dessiner mes fuites
    sur l'horizon poudreux qu'enflamme un cavalier.
    Viens, je t'attends.

    Tu auras de la mousse à calfeutrer les vides
    au coeur de mon cerveau en pleine hibernation.
    Viens, je t'attends.

    Tu auras un nuage où le ciel s'emmitoufle
    Quand il veut adoucir un soleil trop brûlant.
    Viens, je t'attends.

    En compagnie de mes licornes familières,
    et pour aller chasser le dragon ou la puce.
    Viens, je t'attends.


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  • La vie est simple et gaie
    Le soleil clair tinte avec un bruit doux
    Le son des cloches s'est calmé
    Ce matin la lumière traverse tout
    Ma tête est une lampe rallumée
    Et la chambre où j'habite est enfin éclairée

    Un seul rayon suffit
    Un seul éclat de rire
    Ma joie qui secoue la maison
    Retient ceux qui voudraient mourir
    Par les notes de sa chanson

    Je chante faux
    Ah que c'est drôle
    Ma bouche ouverte à tous les vents
    Lance partout des notes folles
    Qui sortent je ne sais comment
    Pour voler vers d'autres oreilles

    Entendez je ne suis pas fou
    Je ris au bas de l'escalier
    Devant la porte grande ouverte
    Dans le soleil éparpillé
    Au mur parmi la vigne verte
    Et mes bras sont tendus vers vous

    C'est aujourd'hui que je vous aime


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  • Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout
    Contre les portes de la nuit
    Et les passants qui passent les désignent du doigt
    Mais les enfants qui s'aiment
    Ne sont là pour personne
    Et c'est seulement leur ombre
    Qui tremble dans la nuit
    Excitant la rage des passants
    Leur rage leur mépris leurs rires et leur envie
    Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne
    Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
    Bien plus haut que le jour
    Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour.

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