I Regardez-les passer, ces couples éphémères !Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment,Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,Font le même serment : Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent Avec étonnement entendent prononcer,Et...
Lire la suiteBizarre déité, brune comme les nuits, Au parfum mélangé de musc et de havane, Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane, Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits, Je préfère au constance, à l'opium, aux nuits, L'élixir de ta bouche où l'amour...
Lire la suiteJe vis je meurs: je me brûle et me noie.J'ai chaud extrême en endurant froidure;La vie m'est et trop molle et trop dure,J'ai grands ennuis entremêlés de joie; Tout à coup je ris et je larmoie,Et en plaisir maint grief tourment j'endure;Mon bien s'en va,...
Lire la suiteRoses de feu, blanches d'effroiLes trois Filles sur le mur froidRegardent luire les grimoires;Et les spectres de leurs mémoiresSon évoqués sur les parquets,Avec l'ombre des doigts marquésAux murs de leurs chemises blanches,Et de griffes comme des branches.Le...
Lire la suiteLa lune était sereine et jouait sur les flots,La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,La sultane regarde, et la mer qui se brise,Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots. De ses doigts, en vibrant, s'échappe la guitare.Elle écoute... Un...
Lire la suite(...) « Cette femme était bien, continua Ravila, tout ce que vous pouvez imaginer de plus distingué, dans tous les sens que l'on peut donner à ce mot. Elle était jeune, riche, d'un nom superbe, belle, spirituelle, d'une large intelligence d'artiste, et...
Lire la suiteNous étions là deux enfants blêmes Devant les grands autels à franges, Où Sainte Marie et ses anges Riaient parmi les chrysanthèmes. Le soir poudrait dans la nef vide ; Et son rayon à flèche jaune, Dans sa rigidité d'icone Effleurait le grand Saint livide....
Lire la suiteLa petite Marie est morte,Et son cercueil est si peu longQu'il tient sous le bras qui l'emporteComme un étui de violon. Sur le tapis et sur la tableTraîne l'héritage enfantin.Les bras ballants, l'air lamentable,Tout affaissé, gît le pantin. Et si la poupée...
Lire la suite(pour Jeanne Charcot). *** Si les ondines et les féesMaintenant ainsi qu'autrefoisSur une coquille de noixNaviguaient, de corail coiffées, Et si j'étais, - car nous aimonsSuivre parfois d'étranges rêves, -Un des minuscules démonsRois de la mer bleue et...
Lire la suiteTous ces oiseaux qui sous la nuit obscure D'un triste vol se plaignent lentement Ne sont témoins du doux commencement De mon amour sainte, loyale et pure. Les clairs ruisseaux, les bois et la verdure Des prés fleuris d'un beau bigarrement Sont seuls témoins...
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